L'interview de Johanna

Petsitter Le Perreux-sur-Marne 94170 - Johanna

MCER a la chance de compter Johanna parmi ses petsitters depuis l’été 2021. Par ailleurs étudiante en théâtre, elle a écrit sa première pièce, La guitare enchantée, qui se jouera à Asnières les 13, 14, 20 et 21 mars prochains. L’occasion faisant le larron, lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai décidé de me muer en journaliste culturel pour en savoir un peu plus. Un entretien passionnant où je reconnais bien l’enthousiasme et la générosité de Johanna. Bonne lecture !

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Bonjour Johanna ! C’est votre première pièce ? Qu’est-ce qui vous a donné l’impulsion de l’écrire ? Un déclic, une envie ancienne, une contrainte d’école… ?

Bonjour Brian ! Oui, c’est la première pièce que j’ai écrite, que je mets en scène et qui finit par être jouée dans un théâtre. Elle est née lors de l’atelier d’écriture de mon école de théâtre, où j’en ai d’abord écrit une version courte avant de me mettre à travailler sur la version actuelle. Le thème général était le temps, et comme je suis fan d’histoires de voyages dans le temps ainsi que de musique, j’ai rapidement trouvé l’idée du départ.

Pourquoi avoir choisi la comédie “loufoque” ? Qu’est-ce que l’humour permet de dire, selon vous, mieux que le drame ?

Ce n’était pas un choix réfléchi : c’est un style d’écriture qui me vient naturellement. Quand j’écris, il finit toujours par y avoir des éléments drôles et décalés. Puis pense qu’on peut très bien dire les choses par l’humour comme par le drame, mais l’humour et l’optimisme sont un peu ma façon de gérer la vie. Du coup, je pars spontanément dans cette direction.

Comment est née l’idée centrale de la pièce : “la musique en danger” ? Est-ce une métaphore de quelque chose de personnel ou de sociétal ?

En fait, la pièce aborde plusieurs thèmes : l’amour, les voyages dans le temps, la magie liée à la musique, ou encore le lien entre passé et présent. L’idée de “la musique en danger” est un enjeu qui s’est construit progressivement, mais derrière cela se trouvent d’autres conflits et dynamiques. J’aime l’idée que la musique puisse nous transporter n’importe où dans l’imaginaire. Si on entend, par exemple, une musique de western, cela crée immédiatement une image en nous. J’adorais l’idée qu’un instrument de musique puisse permettre de voyager dans le temps, comme dans Zelda: Ocarina of Time, un jeu vidéo que j’adorais quand j’étais petite.

Votre histoire se déroule à Clermont-Ferrand : pourquoi ce décor ? Qu’apporte-t-il à l’ambiance ou aux personnages ?

Le choix de Clermont-Ferrand était un pur hasard. Au départ, je voulais situer l’histoire à Paris, mais mon professeur d’écriture trouvait que ce serait plus amusant de la placer dans une plus petite ville comme Clermont-Ferrand. Plus tard, une fois les comédiens choisis, la comédienne qui joue le rôle de Wendy m’a appris qu’elle avait une chienne nommée Wendy et qu’elle l’avait adoptée à Clermont-Ferrand. On a été étonnés par cette coïncidence, et c’est finalement le seul véritable sens que la ville a pris pour nous !

Steve et Wendy ont des goûts opposés (classique vs rock) : qu’est-ce que ce contraste raconte sur leur couple ? Et sur votre rapport à la musique ?

Je ne sais pas si ce contraste raconte réellement quelque chose sur leur couple. Pour moi, la plus grande différence entre eux, c’est surtout que Wendy, qui gère un peu tout, est très terre-à-terre, alors que Steve a besoin d’être porté par elle et perd facilement le sens de la réalité.

Comment avez-vous construit vos personnages ? Vous êtes-vous inspirée de personnes réelles ? 

Les personnages se sont construits au fur et à mesure de l’écriture. La situation initiale, c’était Mozart qui atterrit dans un magasin de musique à Clermont-Ferrand et qui se retrouve face aux deux vendeurs. Je leur ai donné les prénoms de Wendy et Steve et, petit à petit, ça s’est peaufiné. Je suis partie d’une situation avant de laisser libre cours à mon imagination, et je les ai découverts au fur et à mesure, en avançant dans l’histoire. J’ai rapidement trouvé la “vibe” du personnage de Mozart ainsi qu’un comédien pour l’incarner. Je trouve que ça aide d’avoir des comédiens en tête en écrivant, peu importe que ce soit eux à la fin ou pas. L’écriture s’est d’ailleurs aussi faite avec eux : grâce aux improvisations et à leurs retours. On en discutait beaucoup tous ensemble, et même aujourd’hui, nous faisons encore des modifications au texte.

Il y a du voyage dans le temps : qu’est-ce que ce procédé vous permet de faire dramaturgiquement ? Accélérer l’action, surprendre, questionner le présent… ?

Ce qui est intéressant dans la mise en scène, c’est de rendre visible le lien entre passé et présent. Lorsqu’une partie des personnages se retrouve dans le passé, par exemple, on peut observer les deux périodes se dérouler en parallèle et voir les conséquences que les changements dans le passé auront sur le présent. J’aime aussi l’idée qu’une même mélodie, jouée en parallèle dans les deux époques, puisse ouvrir un portail. Je dirais que c’est un mélange de fantastique et de science-fiction.

Vous faites intervenir Wolfgang Amadeus Mozart : comment aborde-t-on un personnage historique sans l’emprisonner dans une caricature ?

J’ai dû penser à Mozart, premièrement parce qu’il parlait allemand comme moi, et que ça me donne de la matière à mettre dans la pièce. Deuxièmement parce que la plupart de ses compositions sont souvent très joyeuses et que ça correspond bien à mon univers, et bien sûr parce que c’était un génie et que je le trouve fascinant. Je n’ai pas essayé de créer un portrait du vrai Mozart, c’est plutôt un Mozart imaginaire inspiré par ce que sa musique provoque en moi. J’ai fait quelques recherches, bien sûr, mais je n’ai pas du tout essayé de représenter sa vraie personnalité que je ne connais pas.

En tant qu’étudiante en théâtre, qu’est-ce qui a été le plus difficile : écrire, réécrire, couper, ou accepter le regard des autres (mise en scène, comédiens, public) ? 

Je n’ai jamais vraiment eu de problème vis-à-vis du regard des autres concernant l’écriture. Je savais que j’aimais écrire, mais c’est encore tout autre chose de mettre l’écrit en scène et de donner vie à tout ça en dehors de ma tête, et vu que je n’ai jamais fait de mise en scène, ça me faisait un peu peur. Mais une fois lancé, les idées arrivaient au bon moment, et puis ça reste un travail collectif, ce qui est rassurant. Une chose que j’ai trouvée fascinante, c’est qu’au fur et à mesure qu’on avançait dans le travail, j’ai eu l’impression que les comédiens comprenaient et s’appropriaient la pièce presque plus que moi et y voyaient des choses auxquelles je n’aurais jamais pensé moi-même. J’ai l’impression que ça me dépasse et que ça avance presque tout seul avec la motivation et l’implication de chacun, et c’est ça que j’adore !

La chose un peu difficile, c’était surtout de trouver le courage d’affronter le côté administratif de la création de la compagnie, puis de mettre en place tout un projet du début jusqu’à la fin. J’avais beaucoup de doutes, et ce n’est que depuis peu que je prends vraiment confiance, surtout grâce aux comédiens qui me montrent que je ne suis pas seule, que ça ne sert à rien de trop stresser, et que quand il y a des problèmes, il y a aussi des solutions.

Après cette pièce, qu’avez-vous envie d’explorer ensuite : un autre genre, un format plus long, un solo, une pièce plus intime… ? 

J’ai écrit une autre pièce dans laquelle je joue cette fois-ci, qui est inspirée de la colocation intergénérationnelle dans laquelle je vis depuis maintenant huit ans. Elle aussi est assez comique, mais un peu plus réaliste que celle-ci. C’est une tout autre expérience, et j’ai envie d’aller au bout avec ce projet également. Puis ce n’est que le début de “La Guitare Enchantée” : l’objectif est de trouver d’autres dates dans d’autres théâtres, car c’est la première fois qu’on la joue, et il y aura sûrement encore dix mille choses à améliorer et à explorer. À part ça, je n’ai pas d’envies spécifiques, je prendrai les idées comme elles viendront !

La guitare enchantée - pièce de Johanna Silberborth

Quelques questions sur le petsitting à présent. Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir petsitter, en parallèle de vos études de théâtre ? Quand avez-vous commencé ? 

J’ai eu envie d’être petsitter dès le moment où j’ai appris que ce métier existait. C’est une amie qui me disait qu’elle était cat-sitter, et vu que j’étais en pleine recherche d’un job d’été, c’était la solution tombée du ciel ! Ça me permettait de gagner de l’argent tout en répondant à mes besoins de câlins de chats !!! 🐈

Question « technique » : comment faites-vous pour gagner la confiance d’un animal timide ou anxieux ? 

Je ne fais pas de gestes brusques, je bouge lentement, je garde ma distance et je lui parle calmement. Je me mets à sa hauteur, je lui montre ma main pour voir s’il s’approche, et s’il ne s’approche pas tout de suite, je continue à suivre les indications des clients. Je lui donne à manger par exemple, et s’il reste timide, je m’assoie en lui laissant son espace, afin qu’il puisse s’habituer à ma présence. Puis, je lui parle de temps en temps jusqu’à ce qu’il finisse par s’approcher.

Quel est votre meilleur souvenir de petsitting (drôle, touchant, inattendu) ? 

Il y en a tellement, avec tous ces chats mignons et attachants qui sont si reconnaissants de me voir arriver à chaque fois alors que leurs maîtres sont en vacances. Mais je me rappelle qu’une fois je gardais un jeune chat avec énormément d’énergie qui adorait jouer et courir dans tous les sens. Une fois, j’allais lui rendre visite et ce jour-là j’étais fatiguée, je me sentais un peu malade et j’avais mal au ventre. Contrairement à ses habitudes, il était hyper calme ce jour-là, et au lieu de réclamer son jouet préféré, il s’est juste posé sur mon ventre en ronronnant. J’avais l’impression qu’il sentait que je n’étais pas bien !

Quel bilan personnel tirez-vous de ces années de petsitting ? 

Je suis très heureuse d’être petsitter depuis toutes ces années, c’est le boulot parfait quand on aime les animaux et qu’on a besoin d’un travail flexible et agréable. Puis les clients sont sympas, les chats sont adorables et ce n’est pas stressant.

Et pour finir, comment définiriez-vous MCER ? 

MCER est un super concept pour les clients et les petsitters : tout le monde y gagne, et les chats sont contents ! Le site est pratique et bien conçu, il y a un Instagram avec de magnifiques photos, et surtout, il y a beaucoup d’amour pour les chats !!!

Merci d’avoir répondu à mes questions parfois pointues, Johanna. Je vous souhaite un grand succès pour cette pièce… et celles à venir !

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